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Pour l'amour du Roi

Pour l'amour du Roi

Auteur:NIXIE MILES

Mise à jour de

Introduction
Caelan Lightstorm n’a jamais eu sa place. Échangé à la naissance, il a grandi dans l’ombre, rejeté par une famille qui n’était pas la sienne, puis ignoré par celle qui l’était vraiment. À vingt-cinq ans, il n’est qu’un pion dans l’empire qu’il aurait dû régner. Invisible. Brisé. Il n’a que ses silences pour exister, et une fiancée qui l’aime à moitié — juste assez pour ne pas le sauver. Jusqu’au jour où tout bascule. Traqué, abattu, laissé pour mort… une femme surgit du passé. Une femme qu’il ne reconnaît pas. Elle, pourtant, ne l’a jamais oublié. Lyra Stanford règne sur les ombres. Héritière d’un empire légal et criminel, elle est la femme la plus puissante du pays. Froidement stratégique. Craint. Intouchable. Mais sous l’armure, elle ne vit que pour un seul nom : Caelan. L’ami d’enfance qu’elle a perdu. L’homme qu’elle aime en silence depuis toujours. Celui qu’elle a juré de protéger, envers et contre tout. Alors elle le kidnappe. Et lui fait une promesse : ici, plus personne ne te blessera. Mais pour le garder à elle, elle est prête à tout. Même au chantage. Même à la guerre. Caelan refuse d’aimer sa geôlière, même si elle le vénère. Même si, peu à peu, dans chaque regard, chaque caresse offerte sans rien attendre, elle le voit — vraiment. Et ça, personne ne l’avait jamais fait. Dans ce château doré, deux cœurs brisés se frôlent, s’affrontent, se consument. L’un veut fuir. L’autre veut qu’il reste. Entre passé enfoui, secrets de famille, vengeance et pouvoir, leur histoire n’est pas une romance. C’est une offrande. Un sacrifice. Une guerre intime où seule la plus grande des douleurs pourra accoucher d’un amour absolu. Un amour interdit, obsessionnel, destructeur… et pourtant salvateur.
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Chapitre

Le réveil de Caelan fut accompagné par le chant lointain des oiseaux, une mélodie qui, jour après jour, lui rappelait l'indifférence du monde. La lumière du matin, timide et pâle, filtrait à travers les rideaux élimés de sa chambre, dessinant des motifs mouvants sur le sol poussiéreux. Caelan s'étira lentement, sentant chaque muscle de son corps protester contre le mouvement. Il savait que cette journée serait comme les autres, une succession de moments où il serait invisible, un fantôme parmi les vivants.

Il se leva et se dirigea vers la petite salle de bain, où l'eau froide coula sur ses mains, lui rappelant la froideur du monde extérieur. Il se regarda dans le miroir, observant les cernes sous ses yeux, les marques d'une vie de solitude et de négligence. Ses cheveux, un peu trop longs, tombaient en mèches désordonnées sur son front. Il les écarta d'un geste las, se demandant une fois de plus qui il était vraiment. Qui était cet homme qui le regardait dans le miroir, avec des yeux si tristes et un sourire si rare ?

Il s'habilla avec des vêtements qui avaient vu des jours meilleurs, des vêtements qui le rendaient invisible, qui ne le distinguaient pas de la foule. C'était une armure contre un monde qui ne l'avait jamais remarqué. En descendant les escaliers, il croisa quelques visages familiers, des voisins qui le saluèrent à peine d'un hochement de tête. Caelan leur répondit de la même manière, un sourire timide aux lèvres, avant de sortir dans la rue.

L'air frais du matin lui fouetta le visage, et il respira profondément, cherchant un semblant de paix dans cette routine quotidienne. Il marchait d'un pas régulier, les mains enfoncées dans les poches de son manteau, les yeux fixés sur le trottoir devant lui. Il se rendait à la bibliothèque, un sanctuaire où il pouvait se perdre parmi les livres et oublier, ne serait-ce que quelques heures, le vide de sa vie.

Mais aujourd'hui, quelque chose était différent. Une sensation étrange, comme un frisson d'anticipation, parcourut son échine. Il s'arrêta un instant, regardant autour de lui, cherchant la source de cette sensation. La rue était déserte, à l'exception de quelques passants pressés qui ne lui accordèrent aucune attention. Il haussa les épaules, attribuant cette sensation à la fatigue ou à l'imagination, et continua son chemin.

Alors qu'il tournait au coin de la rue, un van noir s'arrêta brusquement à sa hauteur. Avant qu'il ne puisse réagir, les portes latérales s'ouvrirent et des mains puissantes l'attrapèrent, le tirant à l'intérieur. Il tenta de résister, de se débattre, mais il était trop tard. Les poings s'abattirent sur lui comme une pluie de coups, le frappant au visage, à l'estomac, partout où ils pouvaient atteindre.

Il entendit des rires étouffés, des voix rauques qui semblaient venir de loin, comme dans un cauchemar. Une voix moqueuse résonna à ses oreilles, mais il ne la reconnaissait pas. La peur l'envahit, glaciale et paralysante, tandis qu'il essayait désespérément de se protéger, de se recroqueviller en position fœtale.

Les coups continuaient de pleuvoir, chaque impact envoyant une vague de douleur à travers son corps. Il sentit le goût métallique du sang dans sa bouche, la douleur fulgurante qui irradiait dans tout son être. Il ferma les yeux, priant pour que cela s'arrête, pour que quelqu'un vienne l'aider. Mais il savait, au fond de lui, que personne ne viendrait. Il était seul, comme toujours.

Les mains qui le retenaient étaient fortes, impitoyables, et il se sentit glisser dans un état de semi-conscience, où la douleur et la peur se mélangeaient en un tourbillon confus. Il essaya de se raccrocher à la réalité, de trouver un point d'ancrage dans ce cauchemar, mais tout lui échappait. Il était perdu, abandonné à la merci de ses agresseurs.

Soudain, les portes du van s'ouvrirent violemment, laissant entrer une bourrasque d'air frais accentuant l'odeur de la peur et de la violence.

Il sentit des bras le saisir et le traîner au sol.

Dans un élan de courage, il frappa les hommes et tenta de s'enfuir le plus loin possible. Il bifurqua et se cacha au plus vite dans un espace discret entre deux immeuble. Il longeat l'espace, entendant ses ravisseurs le poursuivre. Avançant dans l'espace pour rejoindre la ruelle de l'autre côté des immeubles, il saisie son téléphone; tentant d'appeler à l'aide la seule personne sur qui il pensait pouvoir compter. Alors que les tonalités se succédaient, il espérait intérieurement que pour une fois, une seule, elle le choisirait. Qu'au moins une fois, elle laisserait son premier amour, pour lui, qu'elle s'inquieterait pour lui.

- Mon amour, je t'en prie, aide moi. Je me suis fait agressé.

- Caelan, s'il te plaît. Ce n'est pas le moment. Karl se fait opérer aujourd'hui, il pourrait ne pas s'en sortir. Alors s'il te plaît, arrête ton cinéma.

Le bip de fin résonna et Caelan comprit une fois de plus, qu'il avait toujours été insivible.

Rapidement, il atteignit la ruelle opposée. Mais alors qu'il pensait pouvoir s'enfuir, des coups de feu retentir, et une douleur fulgurante se fit sentir à ses côtés et sa jambe.

Il s'écroula, son corps gisant au sol dans une flaque rouge de plus en plus grande. Caelan voyait son corps se vider, attendant sans défense la fin du jeu.

Il entendit alors des cris, des bruits de lutte. Il essaya d'ouvrir les yeux, mais sa vision était brouillée par le sang et les larmes. Il entendit des coups de feu, des cris, le son des pneus qui crissaient sur l'asphalte. Il essaya de se concentrer, de comprendre ce qui se passait, mais la douleur était trop intense.

"Caelan, reste avec moi. Ne m'abandonne pas." La voix était plus douce maintenant, presque suppliante. Il sentit une main caresser son visage, essuyer le sang et les larmes. Il essaya de parler, de dire quelque chose, n'importe quoi, mais les mots refusaient de sortir. Il sentit qu'on le soulevait à nouveau, qu'on le portait dans des bras forts et rassurants.

Il fut déposé sur un siège de voiture, et il entendit le moteur rugir, les pneus crisser alors que le véhicule s'éloignait à toute vitesse. Il essaya de garder les yeux ouverts, de rester conscient, mais la fatigue et la douleur étaient trop fortes. Il sentit qu'on lui tenait la main, qu'on lui parlait doucement, mais les mots se perdaient dans le brouillard de son esprit.

"Je suis là, Caelan. Je ne te laisserai plus jamais tomber." Il voulut croire ces mots, s'y accrocher comme à une bouée de sauvetage. Mais l'obscurité l'appelait, promettant un répit à la douleur et à la peur. Il ferma les yeux, laissant le silence l'envahir, et sombra dans l'inconscience.

Dans les dernières lueurs de sa conscience, il entendit à nouveau la voix, comme un écho lointain. "Caelan, ne m'abandonne pas."

Il se laissa emporter par l'obscurité, sentant qu'il était en sécurité pour la première fois depuis longtemps. Il ne savait pas qui l'avait sauvé, ni pourquoi, mais cela n'avait pas d'importance. Pour la première fois, il n'était pas seul. Quelqu'un était là pour lui, quelqu'un qui se souciait de lui.

Et dans cet instant de paix, il s'abandonna à l'inconscience, sachant que, pour une fois, il était protégé. Il se demanda vaguement qui était cette personne, qui était cette voix qui lui parlait avec tant de tendresse. Mais ces pensées furent balayées par l'obscurité, et il sombra dans un sommeil profond, un sommeil sans rêves, sans peur, sans douleur.

Pour la première fois depuis longtemps, Caelan était en paix.